lundi 23 avril 2007

L'été est là!

Enfin!

Le printemps est traditionnellement court au Québec, il dure environ un mois, un mois et demi. Mais cette année, il a battu des records de vitesse, puisqu'il a duré... un jour et demi. Dimanche dernier, c'était encore l'hiver, avec la dernière tempête de neige (enfin on l'espère), neige qui aura tenu jusqu'à mercredi, voire jeudi matin, grâce à des températures comprises entre 0 et 10 degrés. Jeudi midi, le printemps commence, il y a un grand soleil, et il fait douze degrés. Vendredi, on continue sur notre lancée, il fait vraiment bon, mais on garde encore une petite veste de mi-saison au cas où, car il fait un peu frais quand la nuit tombe. Et samedi, l'été est là! 24 degrés! Nous sommes tous en t-shirt, les plus rapides ont déjà sorti les tongs (les gougounes) et les bermudas, et surtout, surtout... les bars ont rouvert leurs terrasses!!!

Samedi, j'ai donc pris mon livre et mes baskets, et je suis allé au parc Lafontaine, me poser A L'OMBRE D'UN ARBRE, car il faisait presque trop chaud... et hier, fin d'après-midi et soirée sur le toit d'un bar... le bonheur intégral. C'est incroyable de voir comment la bonne humeur se répand partout en quelques heures, quand les gens se rendent compte qu'ils en ont enfin fini avec le froid. Juste pour ce moment de bonheur, ça justifie les mois d'hiver.

dimanche 22 avril 2007

"A voté!"

Ça y est, j'ai rempli mon devoir de citoyen, et mis ma petite enveloppe dans l'urne. Je cultive sans doute une sorte de romantisme politique un peu niais, ou bien je suis encore rempli d'illusions – mais je préfère ça plutôt que d'être aigri – car ça m'émeut toujours un peu d'aller voter : je trouve que l'idée d'un peuple qui se dirige ensemble vers les urnes pour élire son président, ça force le respect, surtout quand c'est organisé dans des conditions véritablement démocratiques (au Nigeria aussi, on votait pour son président ce week-end, sauf que tous les observateurs internationaux dénoncent des irrégularités, et que plus de 200 morts sont à déplorer suite à des "violences électorales"…).

Et voter à l'étranger, c'est aussi toute une expérience en soi. Avec une petite originalité technique pour commencer, car en Amérique, pour la première fois, le vote a eu lieu samedi et non dimanche, pour éviter que nous ne soyons influencés par le résultat du scrutin en France, qui arrive chez nous dimanche à 14 heures (et même 11 heures sur la Côte Pacifique).

Surtout, c'est l'occasion de se retrouver entre français, par centaines, et ça c'est un véritable choc culturel, à l'envers, et c'est assez drôle.

Déjà, premier truc marrant, la descente du métro. L'unique bureau de vote à Montréal est situé dans un quartier résidentiel très calme, éloigné du centre, dont le principal arrêt de métro doit être d'ordinaire assez peu fréquenté. Sauf samedi dernier, où là, la rame s'est vidée d'un coup de la moitié de ses voyageurs. On se regarde en descendant, on commence à se douter qu'on est entre compatriotes, et ça se confirme quand on s'arrête tous ensemble juste devant le plan de quartier pour essayer de savoir où il faut aller. Inutile, il suffit de suivre à contre-courant le flot continu de ceux qui ont déjà voté et qui reviennent vers le métro : apparemment, on doit être vraiment nombreux. Arrivés devant le collège qui sert de bureau de vote, on constate qu'on est effectivement très nombreux (plusieurs centaines de personnes), et surtout on comprend tout de suite qu'on est entre français : il y a des voitures garées en double file n'importe où et n'importe comment, la queue pour rentrer dans le collège est complètement de travers, entre la file indienne et le troupeau, avec bien sûr, des gens qui resquillent, chose complètement inimaginable pour des québécois, ça crie, ça parle fort, ça vous fume dans la face... bref, un petit goût de France.

Mais le mieux, c'est dans la queue pour rentrer dans le bureau, entouré de français et rien que de français pendant dix minutes, il devient difficile de nier la réalité… nous avons un ÉNORME accent!!! Jusqu'à présent, quand mes amis québécois me parlaient de mon "accent français", je pensais que c'était une lubie locale, un peu comme leur fixation sur notre "shopping" et notre "parking", et je faisais semblant d'y adhérer pour leur faire plaisir et mettre fin au débat. Qui pourrait sérieusement croire qu'en France, on puisse avoir un "accent". En tant que véritables détenteurs du français, propriétaires du brevet si vous voulez, ce sont forcément les autres qui ont accent par rapport à nous, et notre façon de parler est "la vraie", l'originale. Raisonnement terriblement parisien et arrogant, mais si je m'amuse à forcer le trait, je ne suis pas tellement loin de ce que pensent généralement les nouveaux immigrants et les français en vacances. Eh bien tout ceci est faux et archi-faux, car j'ai été aussi étonné par l'accent de mes compatriotes dans la queue du bureau de vote que je l'ai été par celui des québécois la première fois que je suis arrivé ici. Que nous venions de Vendée, de Paris, du Nord ou de Marseille, nous avons tous, même vous qui êtes en train de lire et qui pensez "n'importe quoi", un gros accent à couper au couteau. Et croyez-moi, un accent français, ce n'est pas plus distingué qu'un accent québécois, car après dix minutes de queue, j'avais les oreilles écorchées. À partir d'aujourd'hui, je ne laisserai donc plus personne se moquer ou critiquer la façon de parler québécoise.

Une fois dans le bureau de vote, légère impression d'être tombé dans une faille spatio-temporelle : plus un seul québécois autour, des fonctionnaires français partout, les affiches des douze candidats, et surtout le monsieur qui dit à très haute voix "a voté" une fois que j'ai mis mon bulletin dans l'urne.

Bref, très sympa comme expérience, j'ai hâte d'être au second tour.

mardi 17 avril 2007

Les jolies choses...

Déprimé par le temps qu'il fait dehors (il neige... on est au mois d'avril et il neige... j'y crois pas...), et pas trop motivé pour bosser, j'essaye de tuer le temps en lisant l'actualité sur Internet, histoire de voir ce qui se passe ailleurs, là où j'imagine les températures plus clémentes. Résultat, je m'ennuie en suivant heure par heure les dernières déclarations de nos candidats à la présidentielle, je suis consterné par le nombre de morts sur un campus américain, révolté par les arrestations massives et violentes en Russie, écoeuré par l'invisibilité du Darfour, et j'en passe...


Pour éviter de me laisser aller au pessimisme et au "ce monde est pourri et sans espoir, alors autant se mettre du côté des salauds pollueurs-voleurs-dictateurs", j'ai décidé de concentrer mon attention sur les choses qui comptent vraiment... Alors voilà, je vous livre ma revue de presse perso, celle des nouvelles qui font plaisir :


L'Ours Knut va mieux, il avait seulement mal aux dents (AFP mardi 17 avril, 16h47)



Lundi, les centaines de visiteurs qui s'étaient déplacés pour voir Knut au zoo de Berlin étaient repartis déçus et inquiets car, ne sentant pas bien et apparemment malade, il avait été ramené dans sa cage après seulement une demi-heure de promenade. On apprenait quelques heures plus tard qu'il était placé sous antibiotiques. Alors depuis hier, on met des cierges chez Sainte Rita en priant pour la santé de ce petit ours blanc qui, âgé d'à peine cinq mois, aura déjà tout connu : abandonné par sa mère à la naissance, destiné à l'euthanasie pour des militants écologistes, rien n'aura épargné à la pauvre bête, qui n'a survécu que grâce à la volonté et aux soins prodigués par les employés du zoo de Berlin. Et voilà que sa vie serait à nouveau menacée ? Et non! Ce n'était qu'une fausse alerte, on nous informe que le petit fait ses dents, c'est tout !


(info complète sur http://fr.news.yahoo.com/17042007/202/l-ourson-knut-va-mieux-il-avait-seulement-mal-aux.html)




Un chocolat fondu est plus excitant qu'un baiser (AFP lundi 16 avril, 21h06)















Une équipe de chercheurs anglais a découvert que manger un morceau de chocolat augmentait le rythme cardiaque et stimulait le cerveau de façon plus puissante et plus prolongée qu'un baiser, même passionné.


Excellente nouvelle pour tous les célibataires amateur(e)s de chocolat...


Euh... et si la conclusion à tirer c'était tout simplement que les anglais embrassent mal ? Moi, je dis ça, je dis rien... n'empêche, tout le monde connaît le French kiss, mais qui a déjà entendu parler du Baiser Anglais ?



(info complète sur http://fr.news.yahoo.com/16042007/202/un-chocolat-fondu-est-plus-excitant-qu-un-baiser.html)




Chine: le couple d'expropriés rebelles de Chongqing gagne la partie (AFP mardi 3 avril 5h40, c'est une vieille info, mais je l'aime bien)



Depuis trois ans, Monsieur et Madame Wu vivaient sans eau, sans électricité, et sans accès à la route, car tous les bâtiments autour de leur maison avaient été rasés en vue de la construction d'un nouveau projet immobilier. Eux ont refusé l'expropriation, et se sont battus contre les promoteurs immobiliers et les autorités locales, devenant les porte-parole de tous les expropriés chinois. Devant leur résistance, et l'intérêt de plus en plus fort des medias, les promoteurs ont dû rouvrir les négociations. En échange d'un nouveau logement de la même superficie que le précédent (d'une valeur équivalente à 390.000 dollats), et d'une jolie indemnité (environ 100.000 dollars) pour la période où ils ont vécu dans des conditions pour le moins inacceptables, les Wu ont finalement accepté de quitter leur... trou :






Bizarrement, selon les agences qui relaient l'information, celle-ci n'est pas toujours considérée comme une victoire pour les Wu, dans la mesure où ils ont quand même abandonné leur maison. Mouais, enfin s'ils n'ont pas réussi à faire plier les promoteurs aux dents longues, ils ont quand même forcé ces derniers à s'arracher les cheveux, et à mettre la main à la poche d'une façon plus qu'honorable.



(info complète sur http://cf.news.yahoo.com/s/afp/070403/monde/chine_immobilier_justice_insolite_2)



Pour se rappeler les choses qui comptent...

mardi 10 avril 2007

Maître Etchegoyen est mort

Le philosophe et enseignant Alain Etchegoyen, ancien Commissaire au Plan limogé en 2005, est décédé hier, à l'âge de 55 ans, des suites d'un cancer… C'est tout ce que disent, pour l'instant, les dépêches AFP et les articles que j'ai reçus de mes amis français qui ont la gentillesse de me tenir informé…



Ça fait bizarre...



C'est cheap comme formule, mais c'est la vérité, "ça fait bizarre"…



Je ne peux pas dire que je sois triste, après tout quand il était mon prof de philo à LLG, je ne faisais pas partie de ceux qui avaient pour le Tché une admiration inconditionnelle. Au contraire, son charisme et son aura, indéniables, avaient surtout le don de m'exaspérer, car ils nous obligeaient à prêter plus d'attention au personnage qu'au contenu de ses cours. Mais il faut dire que nous, ses élèves, étions les principaux voire les seuls responsables de l'existence et de l'entretien du mythe du Tché. Ce mythe, fait de rumeurs sur ses aventures sexuelles, réelles ou supposées, et sur les connexions qu'il aurait eues avec les plus hautes sphères du pouvoir et de l'argent, avait été construit et développé par chaque génération d'élèves, et faisait partie du package de savoirs et de traditions que les khârrés s'empressaient de transmettre à leurs bizuths au début de chaque année scolaire.



Mais qu'on apprécie ou pas le personnage, il faut bien admettre qu'il était l'un des piliers de cette prépa. Si Maître Jelly essayait de nous faire atteindre l'excellence académique (et Dieu sait les quantités d'énergie et de nicotine qui sont parties en fumée pendant qu'elle se démenait), le rôle du Tché était plutôt de nous apprendre à oser mettre une dose de subversion dans nos exposés, et sortir des sentiers battus de la pensée (avec le recul, je me dit que Maître Rudent a aussi admirablement joué ce rôle, mais le pauvre n'a à mon avis jamais été reconnu à sa juste valeur). Et il montrait l'exemple, avec le week-end de préparation aux oraux des concours qu'il organisait chaque année avec quelques autres Maîtres, et durant lequel il invitait 80 élèves et autant de professeurs et khôlleurs à envahir sa maison de campagne : ils ont sans doute dû s'entendre dire "trop compliqué, trop cher, trop dangereux", mais ils nous les ont quand même organisés, ces week-ends, nous offrant ainsi parmi les souvenirs de prépa les plus originaux et les plus uniques.



Bon, j'arrête les flons-fons, ça nous ferait oublier l'essentiel. Non, la nouvelle de sa disparition ne me rend pas vraiment triste, mais un peu quand même, car le Tché était une des grandes figures de mes deux années à LLG, qui ont été particulières et uniques. Dans cette prépa d'un autre âge, les professeurs se faisaient appeler Maître (sauf l'abominable Monsieur Collet, bien sûr, quel emmerdeur celui-là), le droit de khuîssage était encore pratiqué, et les titres de noblesse étaient Président Des Mœurs ou Pute Officielle, ah oui, et un professeur retenant sa classe trop longtemps après la sonnerie pouvait être rappelé à l'ordre par l'élève Téléphone ou par son adjoint, le Vice-Téléphone (moi en l'occurrence), qui avait la tâche jouissive de crier le plus fort et le plus longuement possible "TÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉ-LÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉ-PHOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOONE"... dans cette prépa d'un autre âge donc, il ne faudrait pas oublier que le Tché était l'une des cautions (im)morales de tous nos débordements, car nous étions parfois au courant des siens... Il faut dire que là encore, Maître Rudent a très bien joué le rôle de second, lui dont les moeurs dépravées ont été abondamment décrites... beurk...



Bref, tout ça pour dire qu'on se souviendra du Tché, peut-être pas du philosophe et homme d'affaires de la description officielle, mais au moins du Maître...




Et pour ceux qui comme moi ne voient plus le nutella de la même façon aujourd'hui, voici, de mémoire, un tout petit morceau du face-à-face qui l'opposait à Maître Kharvallo (je ne sais plus quand), et où l'un des deux avait eu pour sujet "cuir ou dentelle":


Khârvallo : Cuir, parce que le nutella s'étale mieux


Tché: Oui, mais avec la dentelle, ça passe à travers...

dimanche 8 avril 2007

Nausée pré-électorale

Je m'étais promis de ne surtout pas parler de politique sur ce blog, mais comment passer à côté d'une telle occasion. En effet, on vient de nous présenter, pour la première fois depuis le début de la campagne présidentielle, un vrai projet de société, s'appuyant sur une grande vision pour l'avenir de la France.

Il paraîtrait que la pédophilie et les tendances suicidaires seraient des caractères innés, inscrits dans nos gènes. Génial! En tout cas c'est ce que pense l'un(e) de nos candidat(e)s. Ça voudrait dire qu'en surveillant de près nos chers bambins, on devrait pouvoir détecter très tôt les pervers et les suicidaires. Au menu, castration chimique pour les premiers, piqûres quotidiennes d'endorphines pour les seconds... Oh mais j'y pense! Peut-être qu'on arrivera aussi à repérer les homosexuels, je suis sûr que nous aussi on a un gène défaillant qui explique tout! Mon Dieu, si seulement quelqu'un avait pensé à ça il y a 25 ans, je suis sûr qu'on aurait su me remettre dans le droit chemin : dès l'âge de 5 ans, prise quotidienne de testostérone en suppositoire, entraînement intensif de foot (sans douche commune dans les vestiaires, bien entendu), et séance hebdomadaire de porno lesbien! Et aujourd'hui je serai un grand et fort hétérosexuel, fier d'apporter ma pierre au combat contre le déclin démographique!

Quel monde de rêve en perspective : la dépression nerveuse et l'homosexualité enfin vaincues, reléguées au musée des vieilleries du XXème siècle, symboles d'une civilisation décadente, et surtout, surtout... NOS CHERS ENFANTS SERONT ENFIN EN SÉCURITÉ! Enfin, sauf les petits garçons qui se feraient prendre en train de regarder sous les jupes des filles dans la cour de récré, eux risqueraient de se retrouver ennuques en moins de temps qu'il n'en faut pour dire "foufoune". Désolé mon petit, mais on a de bonnes raisons de croire que tu vas devenir un prédateur sexuel quand tu seras grand. Un jour, tu nous remercieras, crois-moi...

Et le gène de la connerie, quelqu'un peut me dire si des scientifiques ont réussi à l'isoler ?

mardi 20 mars 2007

Silence, je me culture!

Depuis une semaine, une fois n'est pas coutume, j'ai retiré mon costume de jeune-cadre-dynamique-capitaliste-matérialiste-qui-travaille-dans-la-finance-…-enfin-dans-l-audit, et je suis allé me ressourcer à la fontaine de la Culture, sous toutes ses formes. Au menu : Brahms à l'Orchestre Symphonique de Montréal (oui je me la pète, j'assume), Eric-Emmanuel Schmitt, Oscar et la Dame Rose au théâtre (j'ai pleuré... Nicholas a pleuré... toute la salle a pleuré!!!), exposition privée du Caravage (comprenne qui pourra), et surtout, surtout, surtout, pour finir en apothéose, et en nage, hier soir CONCERT DE MIKA!!!


Je ne vous le présente pas, j'imagine qu'il est déjà aussi connu en France qu'ici. D'ailleurs, un grand merci à LéO de m'avoir permis de le découvrir avant la masse des québécois, sans quoi je n'aurais jamais réussi à avoir de places, vu que tous les billets avaient été vendus avant même la sortie de l'album.




En tout cas, on y était, moi et mes deux colocs. Dans une très belle salle, arrangée comme un théâtre, avec un bar en arrière, et des balcons au-dessus, dans le genre de l'Elysée-Montmartre ou du Bataclan mais en beaucoup plus petit, donc plus intime. On est arrivés assez tôt, ce qui nous a permis de nous mettre tout près de la scène, et on a patienté avec une bouteille de vin achetée au bar. Ce qui m'a semblé bizarre d'ailleurs, parce que je me dis qu'en France on ne nous aurait jamais laissés nous approcher avec une bouteille, un verre ou une canette, mais peut-être que je me trompe, j'ai pas tellement l'habitude d'aller à des concerts. En attendant que ça commence, on s'est fait potes avec un groupe de françaises sympas, drôles et très jolies (ça c'est au cas où un jour elles lisent mon blog).



Là c'est moi et mes deux colocs, Julien au milieu et Pascal à droite. Oui je sais, rien que du beau gosse... Et ne riez pas en regardant ma chemise, elle a eu beaucoup de succès!





des gens...


Le concert a évidemment commencé en retard, tout le monde s'excitait dès qu'un technicien venait faire un branchement sur la scène, en pensant que c'était Mika ou un musicien. Là encore, je sais pas si c'est dans tous les concerts, mais c'était vraiment génial de voir les gens devenir plus hystériques de minute en minute. Après trois quarts d'heure, Mika a fini par arriver, avec le même pantalon vert serré que dans la moitié de ses apparitions publiques (il en a plusieurs ou bien Universal le paye vraiment mal ???), t-shirt blanc, bretelles, et blouson en cuir avec des broderies… chacun ses goûts, mais bon, indiscutablement sexy. Quand il est apparu, la salle a littéralement explosé, on s'est tous mis à hurler sauter gesticuler, on aurait cru que Madonna en personne venait nous faire un concert privé. Ce type était encore inconnu il y a deux mois, et là il y avait sans doute des minettes qui étaient sur le bord de s'évanouir et prêtes à déchirer leur débardeur (ou leur petite culotte, j'en sais rien au fond). En même temps, il faut avouer qu'il dégage une telle énergie sur scène qu'il a tenu le public sous son charme pendant une heure et demie alors qu'il ne nous a quasiment pas dit un mot.




(so hot...)








Je sens que la bretelle revient à la mode...



Ambiance pop sucrée de fête d'anniversaire, avec des ballons roses et jaunes accrochés partout dans la salle, pluie de sucettes, et à la fin le public qui jouait avec une dizaine d'énormes ballons genres pilates en se les balançant d'un bord à l'autre.



Voilà pour la semaine culture. Le prochain thème ça sera sport, qui a été le parent pauvre ces derniers temps. Vous saurez tout sur la facon de soulever des poids en se regardant les muscles dans un miroir et en faisant des grimaces...

lundi 12 mars 2007

L'amour à la québécoise (suite) - le choc des civilisations

Avertissement :

Voici un billet ouvertement candacebushnellien, c'est-à-dire qui parle de sexe et de relations amoureuses, et qui, en faisant du particulier la règle, travestit la réalité pour prétendre apporter un regard neuf sur les pratiques amoureuses de nos contemporains, le tout en faisant semblant de se prendre au sérieux (http://en.wikipedia.org/wiki/Candace_Bushnell).


Ceci dit, à la différence de l'original, comme ma maman m'a bien élevé et que de toute façon je ne tirerai jamais le moindre centime de l'écriture de ce billet, je ferai en sorte que mon intimité reste intime. Je n'ai donc mis aucun détail personnel, et (presque) tout ce qui est décrit dans ce billet vient des discussions avec des amis québécois et français (merci Nicholas, Olivier, Benoît, Dany, Sébastien, David et surtout David pour leur participation).


C'est toujours quand on marche d'un pas assuré, plein de confiance et en regardant loin devant soi, qu'il y a un pot de fleurs qui nous tombe sur le coin de la gueule, ou bien qu'on met le pied dans une grosse crotte de chien. En l'occurrence, quand il s'agit d'amour et de québécois(es), c'est un piano que vous risquez de recevoir, et je ne vous dis même pas dans quoi est-ce que vous risquez de marcher…

Car quand votre premier rendez-vous en a entraîné d'autres, ainsi qu'une une première nuit qui s'est très bien passée, vous êtes alors confiant et pensez que cette histoire est plutôt bien partie. Oui mais attention, bien partie pour quoi ? Il est probable que vous et votre ami(e) québécois(e) apportiez des réponses différentes à cette question, et là se trouve une vraie grosse différence culturelle, qui peut faire l'effet d'une claque.

Rappel : il y a en France une règle non-écrite qui dit qu'une seule nuit n'engage à rien, si ce n'est à un minimum de politesse (ne pas voler la télé en partant, gentiment indiquer le chemin vers la sortie, voire offrir le café au réveil etc.). En revanche, si on choisit de passer une deuxième nuit ensemble, soit parce qu'on l'a voulu et qu'on s'est revus, soit parce qu'on s'est recroisés par hasard (l'avantage/l'inconvénient des soirées d'amis d'amis d'amis, c'est qu'on croise finalement toujours les mêmes têtes), cette même règle nous dit qu'on accepte alors implicitement de rentrer dans une relation de couple exclusive. Donc si vous avez une vieille histoire qui traîne encore au fond d'un tiroir, ou bien si vous ne voulez "rien de sérieux", vous êtes mieux de prévenir votre partenaire avant. Parce que dire le lendemain matin :
- au fait, j'ai une femme et trois enfants à Dunkerque, ça ne te dérange pas ?
ou alors
- c'était bien, il faudra qu'on remette ça un de ces jours, mais si tu pouvais partir maintenant ça m'arrangerait.
vous qualifie immédiatement pour le titre de goujat/goujate, voire carrément, si vous aviez eu le mauvais goût de faire des promesses avant, de s****d/s****e. Si vous êtes un homme, vous risquez en prime de recevoir une claque bien méritée dans la gueule. (Si vous êtes une femme vous devriez normalement être à l'abri de cette étape. Dans le cas contraire, nous vous conseillons d'apprendre à manier avec dextérité la technique du sac-à-main-avec-une-brique-au-fond.)

Donc, en une phrase ça donne : "après deux nuits, l'exclusivité de la relation est supposée acquise, à moins de l'avoir clairement précisé à son partenaire avant". Évidemment, il y a des exceptions, mais il me semble que dans 90 % des cas, c'est cette règle qui s'applique.

Et bien au Québec, on part du principe absolument opposé. C'est-à-dire que la règle devient "toute relation est ouverte, à moins qu'on ne demande explicitement à son partenaire l'exclusivité (avec un risque substantiellement élevé de se faire rejeter)". Plusieurs québécois me l'ont confirmé, ici, le couple ouvert est une habitude largement répandue (chez les jeunes en tout cas), toute orientation sexuelle confondue.

Autrement dit, quand vous rencontrez quelqu'un au Québec, il est possible qu'il/elle ait déjà un ou plusieurs partenaires, voire qu'il/elle vous en parle ouvertement. Mieux être prévenu quand ça arrive la première fois, sinon il va vous falloir faire preuve de beaucoup de sang-froid et d'un grand talent d'acteur pour ne rien laisser paraître de votre… étonnement (euphémisme pour, "choc", "désespoir", voire "rage"). Plus généralement, les québécois parlent de sexe beaucoup plus directement et crûment que nous. Les regards, les sourires, les frôlements, les non-dits, le minaudage, il faut oublier tout ça. Car souvent, les rituels de séduction sont épurés de toute sophistication, et se limitent parfois à la plus simple expression du désir physique : "chez toi ou chez moi ?"… ben, toi tu rentres chez toi, et moi je rentre chez moi…

Ce qui est bien, c'est qu'on se prend forcément moins la tête, et on évite ainsi un certain nombre d'hypocrisies, de mensonges, et de rituels de séparation pénibles et fastidieux. Malheureusement, on tire aussi un trait sur les histoires compliquées, les attentes, les espoirs, souvent déçus mais quand même, c'est dommage.

Je ne sais pas encore si j'apprécie cette nouvelle donne. Mais je me pose vraiment une question : comment devient-on amoureux au Québec ? Est-ce que dans une relation à mi-temps, ou à quart-temps ou moins (il n'y a de limites que votre imagination, et le nombre d'heures dans une journée), on développe petit à petit quelquechose de plus avec tel partenaire ? C'est vrai que ça doit être très agréable/exaltant/délicieusement effrayant quand on s'en rend compte, mais pour quelqu'un qui ne jure que par le coup de foudre, c'est un peu brutal comme changement… Et puis une fois qu'on s'en est rendu compte, qu'est-ce qu'on fait, on provoque les autres prétendants en duel ?

Bizarrement, tout ceci n'est pas décrit dans le "Guide de bienvenue de l'immigré" d'Immigration Canada, qui pour l'instant explique surtout des concepts comme la liberté de culte, ou bien comment utiliser les transports en commun. Puisque beaucoup de gens ont des relations amoureuses plus souvent qu'ils ne vont prier, et que quasiment tout le monde a une voiture, je pense leur suggérer de revoir leurs priorité quant aux sujets abordés...